On se fout de l’environnement


Olivier Banville
vendredi, 16 septembre 2016


On connait tous les bases du réchauffement climatique qui affecte notre belle et vieille planète. On ne s’occupe pas de l’environnement, et on s’apprête à en subir les conséquences. Alors, me direz-vous, pourquoi ne sommes-nous pas encore en train de régler le tout? Est-ce car beaucoup n’y croient pas? La réponse est en fait plus complexe, et loin de moi l’idée d’en répondre entièrement en un seul billet de blog. Je crois par contre qu’on a besoin d’un petit « refresh » sur le problème et ce que les gens en pensent.

C’est un fait.

Il y a un réchauffement, et il est causé par l’homme. C’est un fait. Les scientifiques sont tous en accord sur ce sujet. Il n’est pas question de la température du soleil, de l’orbite de la terre ou des volcans, ni d’un supposé cycle climatique. Si on disait alors qu’il existait deux camps, soit les pro-changements et les anti-changements, il n’en est pas vraiment le cas. Il y a bien deux grands camps, deux grandes idées, deux discours. Mais les deux sont du même bord. Plus ou moins. Ils savent qu’il y a un problème, mais ne veulent pas le régler de la même manière.

La bouffe et la guerre.

À la toute fin du 18ième siècle, Thomas Malthus suggérait que le développement de la production agricole était moins rapide que l’accroissement de la population, et les guerres et les famines qui suivraient le dépassement d’un certain seuil démographique permettrait de stabiliser de nouveau la situation. En bref, plus on produit, moins on en a. Quand on n’a plus, on meurt Ceux qui survivent recommencent le cycle. C’est assez noir, comme constat, en effet. C’est quelque chose qu’on peut aussi observer dans la nature. Après tout, si tous les carnivores mangeaient toutes leurs proies, ce fameux écosystème qu’on aime tant ne serait pas si fonctionnel de nos jours.

Une courbe triste.

On retrouve un principe similaire de nos jours, en incluant la pollution et la consommation des ressources. Si les penseurs des siècles derniers n’avaient pas de données fiables, les systèmes informatiques d’aujourd’hui permettent de créer des modèles et des simulations qui nous indiquent des courbes possibles dans le temps. Ces courbes, vous les avez certainement vu dans une multitude d’articles. Elles ont toutes quelque chose en commun : elles prévoient un crash économique majeur, causé par un manque de ressource. Ces médiums de l’apocalypse, un de mes professeurs les appelaient les Systémiques. Si les ressources sont limitées, il faut atteindre un équilibre, ce qui n’est pas le cas présentement. On consomme le plus possible, et c’est un peu la faute de notre système économique. Si personne n’utilise une ressource, on a tout avantage monétaire à l’utiliser à notre tour. Pour réellement calmer notre surconsommation, il faudrait que tout le monde, également, mette les freins. C’est un premier problème, en fait. Il est difficile d’accepter d’avoir un niveau de vie inférieur à ce que nous avons en ce moment. Si on n’avait pas le choix, alors ça serait sans doute possible. Mais un autre discours vient nous donner l’espoir qu’on cherchait mais qu’on ne méritait pas.

L’alternative

Le discours libéral à ce sujet mise sur l’exceptionnalité de l’être humain pour régler le problème. Principalement, c’est l’innovation qui règlera tous les maux du monde, en trouvant les solutions dans la recherche, poussée par une croissance économique continuelle. En bref, si on continue au rythme actuel, les chances de créer des solutions et des innovations à nos problèmes augmente. On voit déjà l’effet de ce genre d’idée. Les panneaux solaires et les voitures électriques sont des innovations aux problèmes d’énergie. En continuant d’innover dans ces domaines, on réduit les coûts et on permet un plus grand accès à ces technologies. Le recyclage est un principe similaire : on redonne des matériaux afin que des entreprises puissent économiser, et on profite de la baisse des plastiques et verres dans nos ordures. Adam Smith insinuait que c’est l’égoïsme de tous qui permet des avantages collectifs.

Un faux espoir?

Il est bien beau ce discours, mais on oublie bien des problèmes. Les produits les plus polluants n’ont pas encore vu leur prix augmenter de manière à nous limiter leur accès, comme le prédisaient le discours libéral. Certes, les voitures électriques sont merveilleuses, mais la production de la pile est terriblement polluante, et quasiment non-recyclable. On mise sur la possibilité qu’une femme ou un homme se réveille en pleine nuit avec une idée majeure qui nous sauvera tous plutôt que de limiter notre consommation, commencer à laisser tomber cette croissance économique qui fait de plus en plus mal, et revoir notre société, globalement. Pour l’instant, la majorité des innovations servent à réduire les coûts, pas la consommation, ni la pollution.

Innover mais se calmer.

J’ai toujours été un grand fan de l’innovation. Je crois que bien des choses sont possible, dont une diminution de la pollution et de l’utilisation des ressources grâce à un investissement dans l’éducation et la recherche. J’ai simplement un peu peur de miser l’humanité en entier sur la simple possibilité d’une découverte, ou d’une série de découvertes, qui sauveraient le monde.

Si je peux me permettre une dernière petite observation; le bac bleu de recyclage sur le bord de la rue est sans doute le symbole par excellence du problème de surconsommation : continuez de consommer, dit-on, on s’occupe de votre plastique.