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Intervention militaire américaine en Afghanistan : Volte-face prévisible


Melissa Drolet
mardi, 22 août 2017


Le 21 août dernier, le président Trump a annoncé en soirée qu’il ne retirerait pas les troupes américaines présentement installées en Afghanistan. En plus d’ouvrir la porte à un envoi de militaires supplémentaires, ni le président, ni le secrétaire à la défense ne se sont avancés sur des chiffres ou sur un échéancier précis sur les actions possibles. Le Président Trump a expliqué que le retrait des troupes américaines pourrait profiter aux groupes terroristes comme Al-Qaida et l’État islamique. Il a également réitéré que les États-Unis allaient faire des pressions sur le Pakistan, un pays voisin, afin que le gouvernement prenne action pour combattre davantage le terrorisme dans la région.

Cette annonce n’est pas si imprévisible en elle-même, étant donné l’implication de l’armée américaine depuis plus de 16 ans dans ce pays et au sein de la coalition internationale. La coalition vise notamment à fournir du support aux forces afghanes. Dans les dernières années, l’ancienne administration d’Obama avait fait beaucoup d’effort pour diminuer l’implication militaire américaine dans la région et au sein de cette coalition. Ce qui est le plus surprenant dans l’annonce de lundi dernier est le fait que Trump a avoué franchement devant les médias avoir fait volte-face sur cet enjeu particulier. Il faut se rappeler que Trump avait plaidé pour une baisse de l’implication des États-Unis à l’étranger pour concentrer les efforts en sol américain dans son plan de redonner la grandeur à l’Amérique (« Make America Great Again »).

Qui aurait cru que Trump entendrait raison et ferait volte-face sur les promesses faites aux américains avant et pendant la dernière campagne électorale? Cette décision aurait-elle un lien avec le remerciement de Steve Bannon, proche conseiller de Trump? Steve Bannon était un ardent défenseur du retrait des troupes américaines du Moyen-Orient au sein de l’équipe de Trump. Plusieurs médias avancent que le remerciement serait grandement relié avec les derniers évènements de Charlottesville et la proximité du conseiller avec l’«alt-right », mais n’est-il pas curieux de voir que l’un des seuls conseiller à être ardemment contre une mesure et qui faisait la promotion du retrait des troupes, soit remercié avant une telle annonce qui change drastiquement une position défendue par la Maison-Blanche, depuis le début. Est-ce qu’il y a eu de la pression de la part d’autres conseillers afin de brasser les cartes et exclure certains joueurs? La politique étrangère est toujours un jeu de coulisses qui peut malheureusement coûter cher. Seul le temps nous dira s’il s’agit d’un bluff ou si le jeu en vaut la chandelle…